I ) Le créationnisme : |
II ) Les théories et classifications : |
III ) Le retour au créationnisme: |
IV) Le point de vue de Diderot : | V ) Conclusion, Index : | VI ) Interview de Jean Marc Drouin : | VII) Synthèses personnelles : a) Synthèse de Lucie : b) Synthèse de Benjamin : c ) Synthèse de Sophie : |
Comment s'effectue le retour du créationnisme?
Après des siècles de progrès sociaux, culturels, techniques et scientifiques, qui semblaient démontrer que les « thèses » créationnistes étaient pour le moins douteuses, la thèse religieuse n’est pas morte, et il semblerait même qu’en ce début de XXIe siècle, elle se porte mieux qu’auparavant.
L’expansion de ce retour :
Les idées créationnistes n'ont pas disparu dans le monde anglo-saxon, ni en Australie, ni aux États-Unis d'Amérique.
La communauté scientifique s’inquiète aujourd’hui de la montée d’un nouveau mouvement, le "néo-créationnisme", fondé sur l’idée que seule une intelligence supérieure peut être à l’origine de la grande complexité du vivant. La présence de biologistes américains au sein de ce mouvement lui donne un poids important.
En France, l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP), une association qui regroupe 1 250 adhérents, existe depuis 1995 et organise des conférences soupçonnées de défendre le créationnisme. Un certain nombre de scientifiques, défendent la théorie de la logique interne, proche du créationnisme.
En Pologne, en octobre 2006, le député de Lodz et vice-ministre de l'éducation Miroslaw Orzechowski, ainsi que l'eurodéputé Maciej Giertych ont remis en cause publiquement le darwinisme.
Dans ce farouche débat qui agite les Etats-Unis, les darwinistes ne sont pas forcément les mieux armés, tant les idées créationnistes imprègnent la vie politique.
Une forme de ce retour, le dessein intelligent :
L'UIP est dans la même mouvance intellectuelle que le mouvement d'intellectuels américains dit du «dessein intelligent» («Intelligent Design»), qui tente d'utiliser la science pour affirmer des options politiques et spirituelles.
- Qu’est ce que le « dessein intelligent » :
Selon le «Discovery Institute» qui structure le mouvement, «la théorie du dessein intelligent affirme que certaines caractéristiques de l'univers et des êtres vivants sont expliquées au mieux par une cause intelligente, et non par un processus non dirigé telle la sélection naturelle». Le mouvement du «dessein intelligent» s'emploie donc à critiquer tout ce qui peut l'être dans la théorie darwinienne de l'évolution. Il affirme que la théorie scientifique traditionnelle de l'évolution par voie de sélection naturelle ne suffit pas pour rendre compte de l'origine, de la complexité et de la diversité de la vie. De plus, ses partisans estiment qu'il existe des exemples de complexité irréductible qui ne peuvent être expliqués par l'évolution, et plaident donc pour la théorie du « Dessein intelligent ».
- Les stratégies du «Dessein Intelligent»
La première de ces stratégies consiste à poser de mauvaises questions ou émettre des objections fausses, appuyées de raisonnements analogiques. Cette fois-ci, on le fait à un niveau de détail qui met la plus grande part du public dans l'embarras : l'instruction apparente force le respect ; dans le même temps livre le public pieds et poings liés à la manipulation par manque d'expertise. Le procédé fonctionne : les boussoles des journalistes s'affolent ; ces derniers tombent dans le piège ou ne récusent que timidement. Les promoteurs du dessein intelligent se font inviter dans les universités pour débattre.
La seconde de ces stratégies consiste à produire ce qu'on pourrait appeler le décalage d'échelle. On isole un détail de la théorie darwinienne de l'évolution ou une erreur de vulgarisation ; on émet des objections techniquement sophistiquées sur le détail sélectionné, pour les présenter comme des réfutations majeures de tout l'ensemble théorique.
Le cas des Etats - Unis :
Aux États-Unis d'Amérique, les idées créationnistes se sont propagées depuis le sud agricole de la Bible Belt pour atteindre les couches diplômées de la population des États du nord. Elles ont été à l'origine de plusieurs procès.
- Le 1er retour du créationnisme aux Etats- Unis :
Le 21 janvier 1924, reprenant l'argumentaire de Thomas Jefferson qui écrivait, en 1786, qu' « obliger un homme à contribuer par de l'argent pour la propagation d'opinions qu'il ne partage pas est honteux et tyrannique », le sénateur John Washington Butler obtient que l'achat de livres développant les thèses darwinistes soit non seulement proscrit au Tennessee mais qu'une loi « anti-évolutionniste » soit votée dans cet Etat. Adoptée au début de l'année 1925, la législation « interdit à tout professeur […] d'enseigner une théorie qui nie l'histoire de la création divine de l'homme telle qu'elle est enseignée dans la Bible », une loi similaire est voté dans le Mississippi et l’Arkansas.
C'est au nom de ce texte qu'un professeur de sciences naturelles âgé de 24 ans, John Thomas Scopes qui dispense des cours de biologie à Dayton (dans le Tennessee) dans lesquels il expose le contenu des ouvrages de Darwin, John est poursuivi en justice le 25 mai 1925.
Le procès de Dayton entrera dans l'histoire sous le nom de « procès du singe ». Largement médiatisée, l'affaire va faire la une des journaux du 10 au 21 juillet 1925 (durée du procès). Le conflit qui oppose la liberté de conscience et la liberté d'expression va profondément diviser l'opinion. En choisissant de condamner l'enseignant à une peine légère (100 dollars d'amende), la cour de Dayton donne officiellement raison aux anti-évolutionnistes. Mais dans le même temps, le juge Raulston, pourtant très croyant, affirme qu'« il ne relève pas du ressort de la cour de décider ni de déterminer la vérité relative de l'histoire de la création divine telle qu'elle est enseignée dans la Bible, et de l'histoire de la création de l'homme telle qu'elle est enseignée par la théorie de l'évolution ». A l'appui de cette affirmation, le juge souligne que les hommes d'Eglise eux-mêmes se divisent sur le contenu biblique : « Il y a [...] une Bible hébraïque de trente-neuf livres, une protestante de soixante-six livres, une catholique de quatre-vingts livres », rappelle-t-il.
Ce procès est considéré comme une victoire des évolutionnistes parce que l'opinion publique était favorable au professeur.
La loi Butler interdisant l'enseignement des théories darwiniennes ne sera abolie qu'en 1967.
- Le 2ème retour du créationnisme au Etats- Unis
Mais, depuis quelques années, la controverse sur « l'évolutionnisme» connaît un renouveau. Les défenseurs des théories dites « créationnistes » ont entrepris de faire modifier les programmes scolaires dans un certain nombre d'Etats. Depuis 1999, les conseils de l'éducation de l'Alabama, du Nouveau-Mexique et du Nebraska font régulièrement l'objet de pressions émanant d'associations «fondamentalistes » soucieuses de faire disparaître les théories darwinistes des programmes. Elles ont obtenu gain de cause au Kansas, pendant l'été 1999, où l'enseignement de l'évolutionnisme a été rendu facultatif pour l'année 2000 (toute référence à l'oeuvre de Charles Darwin avait été supprimée du corpus de connaissances exigibles aux examens de fin de premier cycle) avant d'être réintroduit dans le programme dès la rentrée 2001.
Mais la bataille semble loin d'être terminée. L'an dernier, plusieurs familles de Pennsylvanie ont porté plainte contre un conseiller scolaire qui a décidé que l'on enseignerait, parallèlement aux théories darwinistes, celles dites du « dessein intelligent » (vue précédemment). La justice leur a donné raison. Le 20 décembre 2005, le tribunal fédéral de Harrisburg a déclaré que ces thèses « créationnistes » étaient contraires à la Constitution américaine. Le président George W. Bush lui-même a relancé le débat, en déclarant que les enfants devaient apprendre les deux « écoles de pensée », la théorie dite de l’Intelligence Design (Dessein Intelligent) à l’école touche 16 Etats.
L'opinion abonde très largement dans son sens. En effet, selon les résultats d'une enquête menée sur le sujet en 2006, 64 % des Américains estiment que les professeurs doivent également enseigner la Création ; 42 % pensent que la vie sur Terre existe sous sa forme actuelle depuis le commencement ; 48% jugent, au contraire, que la vie a évolué. Et parmi ces 48 %, 18 % sont convaincus que cette évolution est guidée par un « être suprême ».