I ) Le créationnisme : |
II ) Les théories et classifications : |
III ) Le retour au créationnisme: |
IV) Le point de vue de Diderot : | V ) Conclusion, Index : | VI ) Interview de Jean Marc Drouin : | VII) Synthèses personnelles : a) Synthèse de Lucie : b) Synthèse de Benjamin : c ) Synthèse de Sophie : |
Les controverses sur les théories de Darwin
« Ce sont ceux qui connaissent peu,
et non ceux qui connaissent beaucoup,
qui affirment aussi catégoriquement
que tel ou tel problème
ne sera jamais résolu par la science. »
La Filiation de l’Homme, 1871, Introduction
.Un avenir bien compromis pour les théories
Avant même que Darwin n’expose ses théories, quelques signes portent à croire que l’on ne pourra jamais reconnaître une théorie évolutionniste écrite par un homme.
En effet, Kant (1724-1804) donne la notion de « Newton du brin d’herbe ».
Cette notion définit l’homme qui réussira à expliquer avec des lois purement naturelles la création et l’évolution des espèces.
Plus précisément, Kant dans sa réflexion sur la nature de la science et de la connaissance, témoigne aussi qu’il ne croit pas en un homme qui puisse éclaircir à lui seul la question des origines des êtres vivants.
« Il est tout à fait certain que nous sommes incapables de connaître, avec nos principes mécaniques simplistes, les êtres organisés et leurs possibilités internes. »
« Il est absurde pour des êtres humains d’espérer que surgisse un jour un Newton qui rende compréhensible ne serait-ce qu’un brin d’herbe d’après des lois naturelles que nulle intention n’a ordonnées. » Critique de la faculté de juger Kant 1790
Point de vue divergent sur le Newton du brin d’herbe
En dépit des remarques de Kant l’appellation Newton du brin d’herbe est tout de même attribuée à Darwin notamment par Osborn (1857-1935).
« L’avenir, nous dira si les précurseurs de Darwin et Darwin lui-même ont résolu de manière satisfaisante cet antique problème, ou s’il nous faut encore attendre un prochain Newton pour notre philosophie de la nature. »
Aussi, dans Histoire de la création naturelle, le zoologiste allemand Haeckel, défend que Darwin a dépassé la traditionnelle conception finaliste de la nature et a permis aux scientifiques de voir les phénomènes de la vie dans leur globalité et d’en expliquer les causes.Pourquoi tant de controverses
L’intervalle entre la parution des deux principaux ouvrages
Tout d’abord, Darwin publie l’origine des espèces en 1859 et attend 1871 pour publier La filiation de l’homme. Durant la décennie séparant les deux ouvrages des erreurs sur l’anthropologie se diffusent. Et lorsque l’ouvrage La filiation de l’homme parait, il n’est que très peu lu, ce qui ne permet pas de réfuter toutes les idées précédemment diffusées.
En effet, pendant cette décennie des hommes réemploient les théories de Darwin dans d’autres domaines.
Le philosophe Herbert Spencer utilise les théories de Darwin pour développer ses idées sur« le système de l’évolution et son « darwinisme social ».
Darwinisme social : idée selon laquelle la sélection naturelle s’appliquerait entre les différentes classes sociales.

Francis Galton
En 1865, Francis Galton pense quant à lui aux idées d’eugénisme.
Eugénisme : principe qui conseille d’entreprendre une sélection artificielle au sein d’un groupe social pour éviter une dégénérescence. Les eugénistes pensent en effet que la sélection naturelle serait trop affaiblie par la civilisation.
Darwin réfute ces opinions politiques et sociales dans son ouvrage de 1871. Cependant, les idées se sont déjà répandues. Les théories de Darwin resteront donc éternellement liées à ses doctrines.
Le darwinisme social :
Depuis la bible, les hommes ne savent quelle attitude avoir face à la pauvreté. En effet, la bible déculpabilise déjà l’être humain en lui annonçant que les pauvres auront une vie postérieure plus favorable.
Mais ces idées précédant les théories de Darwin ne se sont pas limitées à la bible.
En 1830, Ricardo et Malthus annoncent que les pauvres sont responsables de leur pauvreté par leur fécondité excessive. Cette théorie ayant pour but de destituer les riches de la responsabilité de création et de développement de la pauvreté.
Ainsi, le philosophe Herbert Spencer ne fait que suivre un processus, en utilisant les idées de Darwin, pour fonder le Darwinisme social. Pour Darwin, dans la vie économique comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes. Spencer déforme le concept en soutenant que l’élimination des pauvres est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sortirait renforcée de la disparition des faibles et des déshérités.
L’eugénisme social :Les pratiques de l’eugénisme ne datent pas de l’époque de Darwin. Cependant, leurs formulations par Francis Galton (cousin de Darwin) à cette époque les ont reliées à Darwin. Pour cela, Darwin et ses théories ont été dénoncés par l’humanité puisque les théories eugéniques visées à diminuer la diversité du vivant. Aujourd’hui encore, les doctrines eugéniques influent sur les théories de Darwin. En effet, l’eugénisme ayant entraîné les crimes nazis, certaines personnes voient les théories de Darwin d’un mauvais œil.
Une nouvelle épreuve :
Précédemment au 18ème siècle, l’homme pensait être l’individu privilégié de la nature. Par conséquent, l’homme croyait que la terre était au centre de l’univers et que les planètes tournaient autour d’elle. Mais aussi, l’homme pense être supérieur aux autres animaux dans la nature.
Au 17ème siècle, Copernic remet en cause la première de ces croyances :
- il déclare que la Terre n’est pas le centre de l’univers
- il affirme que la Terre tourne autour du soleil.
Ces théories provoquent de larges contestations de l’Eglise qui se sent attaquée. L’homme ne veut pas accepter cette régression dans son statut et l’Eglise excommunie le successeur de Copernic : Galilée.
Lorsque Darwin, publie ses nouvelles doctrines, les idées de Copernic sont à peine entrées dans l’usage.
C’est pour cela, lorsque l’Homme entend les idées de Darwin, il les reçoit comme une nouvelle épreuve. Effectivement, après la perte du géocentrisme avec Copernic, il s’agit de la perte de l’anthropocentrisme. L’homme a du mal à accepter une origine commune avec les singes, mais est surtout choqué par le fait que cette évolution soit du à un certain hasard.
Pour ce fait, la théorie de Darwin peut être considérée comme un bouleversement scientifique, philosophique, politique et métaphysique.
La réaction de la presse :
Voici un ensemble d’image que les personnes du 19éme siècle ont pu trouver dans journaux de l’époque. Ces caricatures ont alimenté la controverse et ont encouragé le retour au créationnisme.
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